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29 juin 2011

Le paradoxe du crétois (*)

Publié par cyrilcouet dans Du blablabla

Les paradoxes peuvent être drôles ou faire un flop suivant par où on les prend. Le problème d’un tel sujet, c’est que j’ai peur de paraphraser Philippe Vandel qui excellait sur la question il y a quelques années, je me demande même s’il n’a pas écrit un bouquin dessus : son exemple qui m’avait fait mourir de rire (OK, j’avais 15 ans), il demandait à un type au bord d’un lac ou se trouvait l’autre côté du plan d’eau. L’autre montrait la rive opposée du doigt, puis Vandel lui demandait s’il se foutait de sa gueule vu qu’il en venait et qu’on lui avait dit que c’était ici. OK, écrit comme ça, ce n’est pas très drôle (quoi que ça me fasse toujours marrer). Le paradoxe étant un sujet un peu court, j’y ajoute une pointe de foutage de gueule et une pincée de politique et on arrive à ça. 

La semaine dernière Claude Goasguen a décidé à son tour de marcher sur les plates bandes de Marine. Il a proposé qu’on supprime la binationalité. En clair, si on veut être français, on ne peut pas avoir un autre passeport. Le gouvernement et plus généralement la droite a rejeté ce projet, il faut dire que le lien avec l’extrême droite ressemblait plus à une amarre qu’à un simple fil de couturier. Mais imaginons une seconde que ce projet eut été adopté… Premier paradoxe, aux yeux de notre Etat, monsieur X est 100% français. Mais qu’en est-il dans son pays d’origine ? Il y a quelques années, j’ai posé la question à l’ambassadeur de France en Oman, car cette règle existe dans le Sultanat depuis longtemps. Son Excellence m’expliqua alors que l’Oman peut dire ce qu’elle veut, pour la France, je serais toujours français. Bref, parler de mono-nationalité n’a un sens que si le pays de deuxième nationalité accepte la règle, ce qui est loin d’être gagné vu le peu de crédibilité et le peu d’influence de la France en ce moment. Par contre, cette règle s’applique déjà à l’intérieur de l’Union Européenne, ou il n’est pas possible d’avoir deux nationalités. Dans quelques années, mes enfants devront donc choisir entre danois et français. Le second paradoxe de cette mesure qui n’a pas été retenue, réside dans une loi décidée après le fameux discours de Grenoble sur la déchéance de nationalité pour les assassins de représentants de l’Etat (la police, quoi !!!). Imaginons donc une histoire un peu folle (vous savez ce genre d’histoire qui sert à faire des lois…): un type immigre en France, demande la nationalité française, l’obtient ; Il déchire alors son passeport original et quelques temps après, il tue un flic (OK, je suis vraiment pervers). Le type en question se retrouve alors apatride. Il n’a plus qu’à rejoindre un collectif de palestiniens pour essayer de construire un nouvel Etat. 

J’arrête sur le paradoxe, je passe au foutage de gueule. J’ai lu que notre président avait annoncé qu’à la rentrée 2012, il n’y aurait pas de fermeture de classe à l’école primaire. Mais Monsieur le Président, puisque l’éducation est votre priorité, pourquoi attendre 2012 et pourquoi de pas laisser toutes les classes ouvertes dès la rentrée 2011 ? Si c’est une question de budget, Monsieur le Président, j’ai la solution (si, si, je critique souvent, mais j’ai aussi quelques idées). Je propose que le crédit d’impôt donné à tous les bons parents qui offrent des cours privés à leur môme soit supprimé. Et hop, une niche fiscale en moins. En outre, je propose que l’argent public aille à l’école publique, pour le privé, qu’ils se démerdent. Une école privée ça doit quand même être très rentable vu le nombre qui fleurit à droite, à gauche (surtout à droite d’ailleurs), alors pourquoi les financer ? D’autre part, pourquoi ces fermetures de classe, Monsieur le Président ? Je comprends, sans le partager, votre argumentaire sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, mais cette mesure devait s’accompagner d’une augmentation substantielle des salaires de ces mêmes fonctionnaires… Pourquoi est-ce « de blocage de salaire »  dont j’entends parler ? Monsieur le Président, permettez moi de vous dire qu’elle a bon dos la crise.

Un petit dernier paragraphe (après j’arrête, au fait merci à mes 4 lecteurs quotidiens, damned, ça a encore baissé). Ce qui est bon dans cette année pré-électorale, c’est qu’on a des perles toutes les semaines. Une de la semaine dernière est la parité en politique. Je ne plaisante pas. Vous prenez le discours de 2006 ou vous promettez la parité, vous ne l’appliquez pas, vous oubliez le concept, vous demandez un sondage qui vous montre un déficit de confiance de la part des femmes, et vous promettez une parité pour les prochaines échéances politiques. Même Françoise de Panafieu a éclaté de rire (ce n’est pas une blague). Mais comme dit l’adage : plus c’est gros, plus ça passe.

(*) Tous les crétois sont des menteurs ; Je suis crétois, donc je suis menteur ; Tous les crétois disent donc la vérité.

PS : Je voulais absolument parler du cochon d’Inde qui n’a ni la gueule d’un cochon et qui n’a jamais vu l’Inde, mais je n’ai pas trouvé d’endroit pour le placer : C’est fait. 

21 juin 2011

Le mariage du siècle…

Publié par cyrilcouet dans opinion

Vivons-nous dans un pays en déclin ? Vu de l’intérieur, il est toujours difficile de déceler la tendance d’évolution de notre pays. Pourtant, le débat de la semaine dernière sur le mariage homosexuel m’a réellement fait réfléchir sur cette question.

                                                                       Coluche - le Luron  

La France, le pays des Droits de l’Homme, la France ce pays de culture ne serait-il pas en train de suivre l’évolution classique des autres pays du globe sans chercher à s’en démarquer, s’en chercher à devenir chef de file de l’avenir. La présidence, telle que la représente notre président nous classe au même niveau que l’Italie de Berlusconi ou que les Etats-Unis de Georges Bush. Il est loin le discours de Villepin qui refusait de suivre les yeux fermés les Etats-Unis et leur guerre en Irak.  Depuis quelques années, j’ai l’impression que notre pays recule. L’éducation est de moins en moins prise en considération, la réduction de la fracture sociale, on n’en parle même plus, le droit à une retraite décente, on l’oublie, la culture est réduite à peau de chagrin, notre recherche publique est anéantie et cerise sur le gâteau (certes ce n’est que la cerise), notre majorité a refusé d’entre-ouvrir la porte du mariage gay, ce qui à mes yeux aurait peut-être remis la France dans le peloton des pays modernes.  Modernes ? A vrai dire, cela nous aurait permis, sur cette question, de nous mettre à niveau avec l’Argentine, l’Islande, le Portugal, l’Afrique du Sud, la Norvège, la Suède ou le Danemark, vous savez tous ces pays remplis de hippies qui fument de la marijuana en ne pensant qu’à faire l’amour (et pas la guerre, ça doit être ça le problème). Même certains Etats des USA sont plus en avance que nous sur ce sujet : Non, bizarrement pas la Californie, mais dans le Massachussetts, le Connecticut, le Vermont ou l’Iowa, mesdames, vous pouvez épouser votre amoureuse, messieurs idem pour votre amoureux. En France, INTERDIT. Si le débat s’était arrêté à cette interdiction, j’aurais déjà été déçu, mais j’ai été scandalisé de voir les noms d’oiseaux venus de certain de nos députés. Nous n’avons pas eu droit aux « PD », « Tarlouze », « phoque », « gouine » et j’en passe, non, Monsieur Vanneste, député UMP, s’est contenté de décrire l’homosexualité comme une « aberration  anthropologique ». Peut-être que comme une certaine partie de la majorité, il cherche lui aussi les voix d’extrême droite. 

Je crois donc que la majorité actuelle a raté une grande occasion de faire un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la France. Il reste quand même des personnes avec des convictions (Roselyne Bachelot en particulier) convaincues du bon sens d’un tel mariage. Et l’avenir lui donnera raison comme le passé lui a donné raison avec le PACS.  J’espère donc un vrai changement pour la France, pour que notre pays reprenne un rôle de leader pas seulement par le nombre de canons que nous avons en activité en Lybie ou par le nombre de tués que nous avons en Afghanistan mais surtout par une vision de ce que sera le monde de demain. Aujourd’hui, je suis assez pessimiste, mais j’ai de l’espoir… 

Cette petite loi du mariage homosexuel n’enlèvera aucune liberté ni aucun droit aux hétéros. Et renforcera le mot « égalité » que nos gamins apprennent en CE2. Et puis une telle loi nous offrira de jolies fêtes. Cédric, Stéphane, Pascal, Olivier, je suis prêt à être votre témoin. 

 

14 juin 2011

Les enfants sont formidables…

Publié par cyrilcouet dans Du blablabla

Ami lecteur (vous êtes 8 à venir quotidiennement, je me permets donc de te tutoyer) : Je ne parle pas de tes enfants à toi, bien entendu… 

Les enfants de mes amis sont les meilleurs de leur classe. Non, je n’ai pas un couple d’amis qui m’a fait constaté cette évidence, mais tous les gens qui m’entourent ont des enfants si formidables qu’ils sont tous premiers de leur classe. Qu’ils soient au lycée, au collège, à l’école primaire ou à la maternelle, ils sont premiers de leur classe. Oui, même à la maternelle, cela peut vous sembler étrange, mais même à la maternelle ils sont premiers. C’est important d’être le premier, surtout à la maternelle… Premier à naître, premier à l’école, premier à avoir une idée, premier à acheter un Ipad, premier à mourir…  

Je n’ai rien contre la réussite mais faut-il la définir correctement. Etre premier de la classe, pourquoi pas, mais ça me pose déjà un problème… J’ai des jumeaux qui sont dans la même classe, comment vont-ils faire pour être premiers tous les deux ? En plus, comme certain de mes amis ont des enfants dans la classe des miens, il semble que la compétition devienne difficile. D’autant plus difficile que je sais déjà que leurs enfants sont les meilleurs de la classe… Pourquoi est-ce si important que les enfants soient les premiers ? Nous voulons tous la réussite de nos enfants, mais cela passe-t-il par un classement ? N’est-ce pas notre monde d’adultes que les créateurs de premiers  transposent dans ce qui se veut l’innocence ? (J’avoue, même moi je ne comprends pas la phrase que je viens d’écrire, mais je trouve qu’elle sonne bien). N’est-ce pas dangereux de formater des mômes à la compétition, à la bataille voire à la guerre dès qu’ils sortent du berceau ? A ce rythme, que sera notre société dans vingt ou trente ans? Je crois que nous nous dirigeons vers un individualisme encore pire que celui que nous vivons aujourd’hui. Pourtant la barre est déjà haute : les défavorisés sont regardés de haut voire ignorés ; Je viens d’entendre que certains de nos politiques voudraient faire travailler quelques heures les toucheurs de RSA : alors je vous explique : comme tu n’étais pas le premier à l’école, tu cherches un boulot que tu ne trouves pas, pourtant tu rêves de bosser, alors, petit à petit tout s’écroule autour de toi et un jour tu te résignes à demander le RSA. Tu as un peu honte, tu as l’impression de faire la manche, mais c’est la dernière solution qu’il te reste avant la déchéance totale. Et là un ancien premier de la classe devenu politique préconise qu’on te fasse travailler pour toucher ce RSA. J’hésite entre colère et crise de rire. Le pire c’est qu’à l’école, entre lui et toi, il n’y avait que quatre rangs de différence et une paire de lunettes. 

Je demande donc le droit à ne pas être le premier. Je demande le droit à ne pas réussir de la même façon que le troupeau…  Reconnaissons qu’il n’y a pas que le travail au sens classique du terme. Je ne demande pas le droit à la paresse (à vrai dire je le demande aussi, mais ce n’est pas mon sujet aujourd’hui), je demande juste qu’on reconnaisse l’épanouissement de chacun dans le domaine qu’il aura choisi ! Non, je ne suis pas l’élite (god, it’s good), non je n’ai pas une grosse bagnole (god, it’s re-good), non je n’ai pas de rollex ni de mont-blanc (-1- le stylo pas la crème, -2- je n’ai pas encore 50 ans, j’ai donc de la marge emoticone ), mais je suis heureux. L’activité qui me permet de me nourrir ne me déplait pas, elle me plait même plutôt bien, mais reconnaissons qu’il y a bien d’autres domaines ou je m’éclate encore plus. 

Les enfants de mes amis sont les meilleurs de leur classe. Mais pas uniquement ; Ils sont aussi très fort en sport voire de futurs champions. Ils brillent au tennis, à l’escrime ou au golf. Ils ne font pas de foot, pour éviter une mixité sociale qu’ils demandent pour les autres villes mais surtout pas pour nous (quelle horreur), et le sport collectif risquerait de montrer que leurs enfants sont juste dans la moyenne. Ni meilleurs, ni moins bons que les autres enfants. Est-ce important de savoir qui a gagné du moment qu’on s’est bien dépensé et qu’on s’est bien marré ? Pourtant, que ce soit en sport ou ailleurs, notre société veut un gagnant. Moi je préfère le perdant que je trouve plus courageux: il a fait autant d’effort  que celui qui a gagné mais lui a perdu. Il a couru 5h quand le gagnant a fait l’épreuve en 2h. Oui le vrai gagnant c’est lui. Allez les enfants , éclatez-vous, samedi y a pas compet’, papa refuse que vous ridiculisiez les copains. 

7 juin 2011

Anish…

Publié par cyrilcouet dans pub

J’ai rencontré Anish pour la première fois à Nantes en 2007. Nous étions invité aux 40 ans de copains (waouh, j’avais pas réalisé jusqu’à aujourd’hui qu’ils étaient bien plus vieux que moi) nous avons passé une soirée de quadra à danser sur de la musique des années 80, nous sommes rentrés à l’hôtel –plus minable c’est difficile, je parle de la chambre, pas de la fête- et nous avons passé une bonne nuit. Le lendemain plutôt que de rentrer à la Capitale, où plus exactement dans notre banlieue, nous avons décidé de découvrir Nantes. INCROYABLE !!! Nous avons trouvé une ville pleine de jeunesse avec une culture de folie, les machines infernales, l’éléphant, les quais de Loire, le manège, le château et… son MAM (Euh… Je ne parle pas de l’ex-ministre qui passe ses vacances en Tunisie). Après New York, Barcelone, Paris, nous avons donc décidé de visiter le musée d’art moderne de Nantes et ce fut LA rencontre. Une œuvre majeure d’Anish Kapoor était exposée, un énorme morceau de cire qui se déplaçait sur un rail et qui dégoulinait à chaque passage des arcades du musée. J’hésite à joindre une photo à mes mots (je dois vous avouer que j’ai découvert comment on mettait des images, j’ai failli faire un roman photo) mais non, je préfère vous laisser imaginer la forme de cette cire rouge vif et les bouts tombés autour de l’œuvre. Et puis si vous n’avez pas d’imagination, je pense que « Anish Kapoor Nantes » dans Google image devrait faire l’affaire. Non, c’est une blague, vous n’allez quand même pas y aller ?

Il y a un peu plus d’un an, nous décidâmes d’aller passer un week-end à San Sebastian/Bilbao. La première ville, c’était pour profiter des bars à tapas sans les enfants. Pouvoir mal manger pendant quelques jours, pouvoir bien boire (hum, pas en qualité) pendant ces mêmes jours, San Sebastian fut divine. Bilbao, c’était juste pour voir le musée Guggenheim. J’adore les musées. A la question, si j’étais extrêmement riche, quelle œuvre je m’offrirais, la réponse est aucune. L’art a sa place dans les musées pour que tout le monde en profite. J’ai une toile à la maison, une vraie, mais je crois que les musées n’en veulent pas… Nous avons donc visité le bateau et là Anish était présent. Une expo temporaire de cet artiste anglais. Deuxième rencontre, deuxième fois ébloui. Cette fois-ci, nous avons découvert une autre œuvre majeure, son canon qui lance toutes les demi-heures un boulet de cire rouge contre un mur. J’hésite à joindre une vidéo à mes mots (ouaip, j’ai aussi appris à inclure ce type de document), mais non. Il faut imaginer un boulet de cire rouge qui s’éclate contre un mur situé à une trentaine de mètres. Du délire. Cette seconde rencontre m’a permis de découvrir son travail sur le pigment, sur les cacas boudins (excuse moi Anish… Au fait, ça te gêne pas que je t’appelle Anish ?), je me souviens en particulier d’une œuvre jaune devant laquelle je suis resté scotché pendant au moins longtemps. Allez, les curieux un petit « Anish Kapoor Guggenheim » dans Google… Non, je rigole !

2011 : Grand Palais Monumenta. Anish Kapoor m’invite à découvrir une nouvelle œuvre. Grandiose, fantastique, surprenant, extraordinaire, génial, incroyable, énorme, unique. Mes enfants ont adoré. Ils ont été très surpris puisque je leur avais expliqué qu’Anish travaillait beaucoup la cire rouge. Non, je ne décrirais pas l’œuvre, peut-être par mail si vous avez une bonne excuse pour ne pas y aller. Il faut se laisser prendre par l’œuvre, ne rien savoir avant de la pénétrer. C’est jusqu’au 23 juin, c’est pour tous les publics même les tout-petits et c’est marquant. Allez, une petite photo… Non, je rigole.

31 mai 2011

Douce…

Publié par cyrilcouet dans tranche de vie

Rencontrée dans un train qui nous menait à Hô Chi Minh (Saigon pour ceux qui vivent encore avant 1975), nous décidons avec cette routarde de faire un bout de chemin ensemble et d’aller visiter Dalat, le petit Paris situé au nord ouest de la capitale vietnamienne.  Sur place, nous louons une mobylette, probablement le moyen de transport le plus simple pour visiter une ville et ses alentours : OK, le plus simple est certainement le vélo, mais Dalat, c’est à 1500m d’altitude, pas vraiment plat, et à cette époque, je consommais un peu plus d’un paquet par jour… Nous voilà donc sur notre mobylette, à jouer les « easy rider » avec cette fille qui m’était complètement inconnue deux jours avant. Nous décidons d’aller voir une cascade, enfin je crois que c’était une cascade, cette histoire ayant déjà treize ou quatorze ans, c’était peut-être un temple… Nous traversons un village, puis un autre. Les pistes défilent sous notre bolide (OK, je ne mettrais pas de photos de la bécane, sinon adieu le mythe). La poussière que nous dégageons rappellent les rallyes automobiles  qui prennent l’Afrique pour un circuit (la, encore, il est probable que le temps ait déformé ma vision). Un autre village, les enfants courent, crient « what’s your name ? How old are you? Are you married ? »: Où que vous alliez au Vietnam, avant d’essayer de vous vendre des briquets en forme de dragon ou des stylos avec un temple qui se déplace de haut en bas, les enfants vous posent ces trois questions. Au début, c’est mignon, après quelques semaines de sac à dos, c’est usant. Village suivant. Ma passagère me tape sur l’épaule : « Je ne me sens pas très bien, on peut faire une pause… ». J’arrête le bolide (hum, on y croirait presque) et alors que la béquille n’est pas encore mise, la demoiselle tombe inanimée sur le sol. 

Parenthèse : Si tu es la demoiselle du Vietnam et que tu lis ces quelques lignes, s’il te plait rappelle-moi ton prénom. Impossible de m’en souvenir, je me souviens pourtant parfaitement de toi, d’ailleurs tu es le sujet de la semaine. Je me permets cette parenthèse, d’abord parce que c’est mon blog et que je fais ce que je veux et aussi pour rassurer les âmes sensibles qui se demandent si Christelle (on va l’appeler Christelle, Nathalie ou Sandrine) va mourir: non. 

Je m’approche donc de Nathalie, lui tapote la joue : rien. Comme je regarde pas mal de séries télé (Y avait pas encore Docteur House, mais Urgence existait déjà), je lui prends le pouls : elle vit. Me voilà donc au milieu de nulle part avec une parfaite inconnue qui est dans le coltard (je me souviens quand même que sa mère était pharmacienne, je n’avais jamais vu une routarde avec une trousse d’urgence aussi grosse). Pour une fois où j’aimerais que les mômes viennent me vendre des stylos, il n’y a personne. Ce village semble désert, je pense qu’il sera difficile de trouver un toubib. La situation ressemble à un far-west, plutôt un far-east dans le cas présent: il ne manque qu’une musique d’Ennio Morricone, un son d’harmonica ou un sabre à la kill bill pour planter l’ambiance…  Je continue à parler à Christelle, j’essaye de la réveiller. Sa trousse de secours est restée à l’hôtel. Je prends un peu d’eau, lui verse sur le front (j’aurais pu faire le coup « la gourde est vide », mais relatant les faits et seulement les faits, on avait de l’eau). Rien ne se passe. Mais pourquoi ai-je accepté de faire un bout de chemin avec cette gonzesse ? J’étais tellement bien tout seul. Je presse délicatement ses mains, toujours rien. Le bouche à bouche ? Pourquoi pas, mais comment expliquer mes lèvres contre les siennes à Sandrine si ça la ranime ? J’insiste avec plus d’eau sur son visage. Peut-être a-t-elle eu un coup de chaud. Toujours rien, les minutes me semblent longues. Je décide d’aller chercher de l’aide vers une maison.  Une vietnamienne  est finalement  plus rapide que moi et se dirige vers nous. Impossible de dire son âge (ni son nom, ni si elle est mariée), mais j’explique tant bien que mal le problème de ma coéquipière  (explications très faciles, la situation parle d’elle-même). La vietnamienne me fais signe de porter Nathalie jusque dans sa maison. Je m’exécute comme je peux, le body building, ça n’a jamais été mon truc ; Mais paradoxalement, en situation d’urgence, on se découvre des ressources inespérées. Ma sauveuse me demande de poser Christelle sur un transat lui prends le pouls (comme quoi Doc House, ça te sauve une vie), lui soulève les paupières, observe ses pupilles, me fais un grand sourire et me dis de ne pas m’inquiéter (je dois vous avouer -1- qu’en cinq minutes, je suis devenu « fluent » en vietnamien, -2- que je flippais grave pour l’inconnue). Cette femme sort dans son jardin et roule des herbes en une espèce de gros cigare. Elle l’allume. Une épaisse fumée se dégage dans la maison et une odeur de plantes aromatiques mélangées à de la marijuana se répand dans la pièce. Le docteur (à ce moment, j’ai décidé qu’elle était docteur) approche le cigare du coude de Nathalie, puis du poignet, passe à l’autre coude et finit par le second poignet. A ce moment précis, Christelle ouvre les yeux et me demande où on se trouve…

Christelle, Nathalie et Sandrine sont sauvées. Et moi, toutes mes croyances ou plutôt mes non-croyances tombent à l’eau. Comment être cartésien dans une telle situation ? Comment se rattacher à la médecine dite « classique » quand vous êtes le témoin d’une telle scène.  J’ai dû me rendre à l’évidence, une médecine douce, celle qu’on ne peut pas forcément expliquer, peut être utile. Je ne pense toujours pas aujourd’hui que cette forme de médecine puisse remplacer notre forme occidentale, mais je suis beaucoup plus ouvert à toute pratique qui peut aider ou alléger les souffrances. Ainsi, je regarde d’un œil intéressé les bruleurs de feu qui aident potentiellement les patients lors de séance de radiothérapie (excellent article dans le magasine « clés » d’il y a 2 mois). Les acuponcteurs ou l’homéopathie m’interpellent même si je n’arrive pas à expliquer leur fonctionnement.

Après le réveil de MA routarde (comment ai-je pu douter du bien fondé de cette rencontre ?), nous avons voulu payer cette femme qui a catégoriquement refusé. Elle nous a offert un thé, on a essayé de communiquer, mais ce fut très difficile car le cigare, en plus d’avoir enlevé le mal, m’a fait perdre toutes les notions de vietnamien que j’avais acquis dans un temps record. 

24 mai 2011

Du Jazz au rayon bio ou de l’humain à la décadence

Publié par cyrilcouet dans Du blablabla

Quand je repense aux supermarchés de mon enfance, j’ai l’impression que c’est un domaine où rien n’a évolué. Des allées, des caisses, du monde. J’avais une trouille bleue, c’était de perdre mes parents. Cet endroit me paraissait tellement gigantesque, et ça me paraissait tellement facile de se perdre… Une horreur, pourtant je ne crois pas mettre déjà perdu dans les rayons : Est-ce d’ailleurs possible ? L’autre souvenir que j’ai, et pour une fois c’est le sujet du jour, c’est la musique d’ambiance. Je me souviens qu’à Euromarché ou à Continent  (je réalise soudainement que les noms des grandes surfaces ont changé), il y avait toujours cette musique, du jazz. Oui, vers la fin des années 70, la grande distribution mettait du jazz pour aider à choisir ses carottes, son café, ses biscottes…  Les bêtes du marketing, les rois de la vente, les Dieux de la sociologie du consommateur n’existaient pas ou s’ils exerçaient déjà, leurs longues études montraient une hausse du chiffre d’affaire grace au jazz. Du mauvais  jazz, certes, mais du jazz quand même ; Du « easy listenning » comme ils disent de l’autre côté de la Manche, sauf qu’en réalité, c’était loin d’être easy à écouter voire très hard à entendre.  Dans ma tête de môme, le jazz est devenu synonyme de supermarché. Je hais le jazz. Ma sœur hait les épinards, moi c’est le jazz (j’avoue quand même que les épinards, ce n’est pas mon truc non plus). En grandissant, j’ai bien essayé d’écouter des jazzmen soi-disant grandissime, non je n’y arrive pas, je ne supporte pas le jazz. Merci Monsieur Continent, merci Monsieur Euromarché, à cause de vous, je suis allergique un genre de musique certainement majeur. 

A côté de chez moi, ils viennent d’ouvrir un « Carrefour Planet ». Nous sommes à l’ère du développement durable, du bio, du vert, de l’écologie responsable, il fallait donc que la grande distribution s’y colle : « Carrefour Planet ». Ce nom, pour un endroit d’hyper consommation, sonne bien, les types de la com’ ont fait du bon boulot. A l’intérieur, ça ressemble à un supermarché normal avec des endroits un peu plus chics donc probablement un peu plus cher : Les types du marketing ont mal fait leur travail. Mais le plus surprenant, et je ne sais pas si ce sont les sociologues, les ergonologues, les psys ou les artistes du 5eme  qui l’ont décidé, c’est qu’il n’y a plus jazz : fini. La nouvelle génération d’enfants aura donc peut-être la chance d’admirer ou d’aduler Sydney Bechet, Miles Davis, Chet Baker, Louis Armstrong ou encore Charlie Parker .  Le jazz, c’est has been, ça ne permet plus de vendre les yaourts, les tomates ni les couches. Au rayon « fruits et légumes », vous entendez un chant d’oiseau (-1- à cette saison, je comprends, j’attends l’hiver, pour voir ce qu’on aura, -2- je ne blague pas). Vers le rayon poissonnerie, les mouettes vous accompagnent (c’est toujours pas une blague, je peux vous filer l’adresse de mon centre de ravitaillement)… Je ne connais pas les autres rayons, mais je crois avoir compris le concept… Je suppose qu’au rayon « fromage », une vache ou peut-être sa cloche vous accompagne dans le remplissage de votre caddie. Au rayon « volailles », le bruit de la basse-cour vous rappelle qu’il existait une époque ou ces animaux connaissaient la ferme. Espérons que ces génies de la vente ont été ambitieux et qu’ils ont poussé le principe à fond. J’aimerais donc un bêlement au rayon textile (pour les vêtements en laine uniquement, pour le coton, je n’ai pas encore trouvé), des hurlements d’enfants vers le rayon bébé. Soyons fous, un bruit de fraise de dentiste au rayon « hygiène » devrait booster les ventes de brosses à dents, une sirène de pompier à la parapharmacie devrait éviter quelques accidents. Et comme je n’ai peur de rien, les sons d’un abattoir pour la boucherie et une bonne chasse d’eau vers le papier toilette (pour ce dernier, j’avais d’autres idées plus brutes, mais ces bruits plus intimes ayant tendance à éloigner le lecteur, je me suis abstenu).  Mon supermarché est à la hauteur d’un orchestre…Pour compléter le concept, d’autres artistes du 6eme étage du centre de réflexion de Carouf (à moins que ce ne soient les sociologues, les ergonologues, les psys ou les gars du marketing) ont décidé d’ajouter l’odeur au son. 

A la reflexion, je vais peut-être me mettre un petit morceau de jazz. 

19 mai 2011

I have a dream

Publié par cyrilcouet dans Du blablabla

Tout d’abord, soyons franc, je suis hyper déçu de ne pas avoir encore entendu mon maître à penser
Claude Allègre s’exprimer sur l’affaire du siècle. Remarquons encore, qu’étant en 2011, ce n’est pas très difficile d’être l’affaire du siècle. Mais là, on a quand politique, sexe, fric et rock and roll (pour ce dernier point pas encore, mais ça ne saurait tarder…). Le prochain qui voudra faire parler de lui, que devra-t-il faire ? J’ai bien quelques idées mais j’ai peur que si je les écris, mon image d’homme raisonnable tombe, que mon masque tombe aussi, et que vous, lecteurs assidus (rêvons, ça ne mange pas de pain) ne découvriez ma vraie nature de pervers… Mais comme d’habitude, ce n’est pas le sujet du jour…

Je me suis mis à rêver d’être important, d’être reconnu (ben ouaip, sinon, pourquoi j’écrirais ce blog) voire influant auprès des puissants. J’aurais le numéro de portable du patron du FMI, de sa femme qui adore mon humour, du maire de Paris qui me décrit comme charmant, du président (le vrai, celui de l’Elysée) qui me juge intelligent (remarquez, ce n’était pas difficile) de son épouse qui me déclare craquant (elle doit avoir  perdu mon numéro, elle appelle rarement) du tout Paris qui me pense incontournable. Je n’ai plus besoin de jouer au loto pour changer de baraque, je suis lu et reconnu et on me paye grassement pour écrire ces quelques lignes. Ah, il est loin le temps de la géophysique, le temps du pointé de vitesse. C’était une vie sympathique, mais soyons franc, je m’éclate vraiment plus à écrire et à essayer d’être influent.

Etant donc l’incontournable des dîners parisiens (que je boycotte, car j’ai décidé qu’il valait mieux briller par mon absence que par mes conneries), on m’a demandé mon point de vue sur l’affaire Strauss-Kahn. Après la présomption d’innocence dont j’ai déjà fait part il y a deux jours, il m’a fallu réfléchir à
la question. A vrai dire, il m’a surtout fallu réfléchir à
la réponse. La réalité, c’est qu’on se fout éperdument des points de vue des uns et des autres. Alors pourquoi donnent-ils leur avis ? Pourquoi dois-je répondre à cette question ? La réponse réside dans ma fonction sociale. Etre « leader d’opinions » impose de donner son avis sur tout et n’importe quoi. Alors comment répondre aux questions dignes des meilleurs bistrots français ? Avec une voix d’ivrogne : « Alors t’en penses quoi toi de l’affaire DSK ? ».

Voici ma réponse. En tant qu’homme influent, que m’apportera un soutient sans faille à DSK ? S’il est prouvé qu’il est innocent, je serais une sorte de « vrai ami » et je peux espérer être dans son cercle de proches dès qu’il reviendra en France. S’il est coupable, les féministes me tomberont dessus, l’opposition certainement aussi, mais les affaires de mœurs gênant notre société, on oubliera bien vite mon opinion. Par contre, si je déclare le geste de DSK comme inacceptable et que le tribunal me suit, l’affaire est close, DSK aussi. Mais si DSK est innocenté, je suis celui qui a enterré un peu vite un homme plus influent que moi sur la scène internationale. N’étant pas suicidaire, je le dis haut et fort, Dominique est innocent.  

Finalement, je ne suis pas si mal dans la géophysique.

17 mai 2011

No we Khan’t…

Publié par cyrilcouet dans opinion

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce petit post sur DSK. Longtemps… Hum… Les évènements ne datent que de la nuit de samedi à dimanche, nous sommes aujourd’hui mardi. Ca parait pourtant long, très long. Peut-être parcequ’on entend que ça, des analyses les plus réservées aux plus accusatrices, des reportages les plus techniques aux plus dévastateurs. Si je n’écris qu’aujourd’hui sur le sujet, c’est parce que je ne savais pas vraiment par quel bout le prendre (n’y voyez pas de jeu de mots foireux…). J’hésitais entre une approche décalée, genre le point de vue de la femme de chambre qui se dit qu’il est temps d’aller faire le ménage de la suite, ou celui d’Anne Sinclair qui ne peut aller faire son shopping parce que son mari est au poste, ou un truc ressemblant à « 24h chrono » ou avec les mots « Jack Bauer », « Cops », « You’re under arrest », « gun », « black block couteau » placés à bon escient. 

Si je n’écris qu’aujourd’hui, c’est que tout le monde a déjà écrit ou s’est déjà exprimé, dès fois bien mieux que moi (comme Badinter hier soir) mais des fois bien pire que moi (j’ai entendu Frédéric Lefebvre hier, cette crise de rire !!!)… Y a que Claude Allègre qui n’a pas donné son point de vue, mais je pense que ça ne devrait plus tarder. A vrai dire, cette histoire est un choc : le type pour qui j’allais voter dans 11 mois est en prison. Merde alors. J’ai du mal à le croire. Le choc. Le coup de tonnerre. 

Aujourd’hui, DSK n’est pas coupable. Il est présumé innocent. Aujourd’hui la femme de chambre n’est pas victime, elle est présumée victime. Je crois que c’est le sujet qui m’intéresse. Dimanche, j’ai écouté ou lu les commentaires d’un certain nombre de responsables politiques (je ne parle pas de Marine, parce que j’ai écrit « responsables politiques ») et toutes les réactions allaient dans le même sens : « Je pense aujourd’hui à sa famille, à ses proches, à ses amis, à sa famille politique… ». Lundi, j’ai continué à écouter les réactions des mêmes politiques : « Je pense aujourd’hui à sa famille, à ses proches, à ses amis, à sa famille politique et si les faits sont avérés, mes pensées vont à la pauvre victime ». Aujourd’hui je continue  à écouter (Il faut dire qu’on n’a pas vraiment le choix. Cette affaire aurait quand même pu tomber à une autre date, Martine n’a pas pu profiter pleinement de la victoire de Lille en coupe de France) : « Mes pensées vont à la victime, mais Dominique Straus-Khan est présumé innocent, je pense donc à la peine de ses proches et blablabla et blablabla ». Cette évolution des analyses ou plutôt des commentaires est incroyable. Ca y est, l’opinion publique l’a jugé, l’a lynché, la classe politique le lâche : the show must go on.  Comment  cette évolution a-t-elle été possible ? Les images des menottes, des voitures de police, le procès filmé, tout ce côté show-biz de la justice américaine, nous européens, nous n’y sommes pas habitués et nous avons été choqués. Nous sommes habitués à voir les coupables avec des menottes. Nous pensons que ce sont les méchants qu’on met en prison. Avec ces images, DSK n’est plus présumé innocent. Il est coupable. Il va donc logiquement perdre son job au FMI et ne sera pas notre prochain président. Bizarre qu’une première sentence soit tombée alors que le procès n’a pas commencé. 

10 mai 2011

Happy Birthday Mister President

Publié par cyrilcouet dans opinion

Après les jours Walt Disney que nous avons vécus, ben ouaip un prince s’est marié et le méchant est mort, il est temps de revenir aux choses sérieuses. Sérieuses, peut-être pas tant que ça, je suis en train de devenir un bisounours, puisque pour la seconde fois en 5 messages, je vais célébrer un anniversaire. Alors pas de bougie, puisque l’intéressé est mort, ni une ascension de la roche de Solutré, quoi que, avant de mourir, il faudra quand même que je pense à faire cette ballade. 

10 mai 81… Il est des dates qui marquent. Moi, j’aime bien le 24 septembre (c’est mon anniversaire, j’ai plein de cadeaux), je me souviens du 11 septembre 2001 (il parait que tout le monde se souvient de ce qu’il faisait ce jour là, moi j’étais en maillot prêt à plonger dans le Pacifique quand le barbu a lancé ses planeurs), je me souviens aussi de la naissance de mes enfants… Sinon pas grand-chose. Ca doit être Alzheimer (c’était juste pour dire que je savais écrire ALZHEIMER). Mais le 10 mai 81, j’avais 10 ans, c’était beau. 

Le 10 mai 81, à 20h, on s’est mis à la fenêtre et on a chanté l’international. Nos voisins d’en face ont ouvert leur fenêtre et ont chanté l’International avec nous. C’était bon d’avoir des parents de gauche. C’était bon d’avoir le droit de se mettre à la fenêtre et de crier. C’était bon de ne pas être obligé d’aller au lit tout suite. Parce qu’ils ont beau être de gauche, mes parents étaient aussi instit alors l’heure, c’est l’heure, « demain y a école ». 

10 mai 81. Le début d’un règne. Un président est élu. Un vrai président est élu. Pas un type comme vous et moi, non, un homme charismatique prend le pouvoir. Je ne veux pas faire le bilan politique de cet homme d’abord parce que je ne pense savoir le faire et puis ça pourrait vite devenir chiant. Mais ce président élu en 81 a représenté pour moi la culture, la vraie. Je ne regarde pas le passé avec délectation, mais quand je vois aujourd’hui le bling bling de notre président, que je pense au Fouquets quand il s’est fait élire, puis à sa semaine sur un yacht de Bolloré, quand je pense à Carla, à Frédérique Lefebvre et son fameux Zadig et Voltaire (qui font d’ailleurs des fringues plutôt sympas, chères, mais sympas), que je me dis qu’un des ses conseiller est ancien rédacteur en chef de minute (Patrick Buisson), si je pense à Brice (Hortefeux pas de Nice), à claude Guéant ou aux discours qui jouent avec les thèses de l’extrême droite, oui, peut-être je regarde le passé avec nostalgie. 

10 mai 81. Mitterrand est élu. Je ne me souviens pas exactement de 81, mais je suis un « génération Mitterrand ». A mes yeux, cet homme a vraiment fait bouger la France et dans le bon sens. Abolition de la peine de mort dès 81, les radios libres (ben ouaip, les merdes comme NRJ ou Skyrock, c’est lui !!!). Il représente la culture, la vraie. Il a su laissé des traces comme la pyramide du Louvre, l’arche de la Défense (la dernière fois qu’on a entendu parler de la Défense, c’était pour placer Jean Sarko…), les colonnes de Buren (y avait un parking quand même avant), la fête de la musique ou l’opéra Bastille…  Alors, certes, cet homme a certainement fait des conneries ou des trucs pas très clairs (oui l’ami Charles a quand même fait exploser de bateau de GreenPeace). Mais en ce jour anniversaire, je ne suis pas trop regardant (et puis si j’étais objectif, ca se saurait) et j’espère que très rapidement on retrouvera à la tête de notre pays un homme (ou une femme) qui a réellement une stature de chef d’Etat. Les américains ont eu Bush, les italiens, Berlusconi, nous c’est Nicolas, il est temps de passer à autre chose. 

2 mai 2011

IL est mort

Publié par cyrilcouet dans opinion

Je ne vais pas vous décrire son bunker, ni comment la CIA l’a localisé, encore moins l’intervention des forces spéciales minute après minute. Savoir qu’un hélico est tombé d’une panne technique ou touché par la défense d’Ousama (oui c’est bien de lui dont je parle aujourd’hui, j’ai évité la blague à 2 balles où j’aurais décrit les circonstances d’une fin tragique pour finalement expliquer que je parlais des boites noires du vol Rio-Paris) n’est pas mon sujet du jour, savoir qu’un type a twitté l’intervention en direct non plus (promis, un jour moi aussi je twitterai), non, mon sujet du jour est Ousama Ben Laden : IL est mort.

Il s’est donc fait descendre par un commando des forces spéciales. Il faut dire que quand on est l’homme le plus recherché de la planète, on s’expose à ce genre de risques. Souvenez-vous, Mesrine, l’homme le plus recherché de France (de France, pas du monde…) : il s’arrête à un feu rouge et là, pan, pan, pan, nos forces spéciales à nous l’exterminent.

Drôle de parallèle me direz-vous, mais si j’écris ces quelques lignes aujourd’hui, c’est que dans les deux cas, la réaction de l’opinion publique ou des politiques a été la même. J’ai entendu Obama dire « Justice est rendue ». Voilà, je suis choqué. N’allez pas croire que je suis un de ces fans du Hamas libanais ou des Frères Musulmans égyptiens, mais je ne pense pas que justice ait été rendue. Certes, je range Ousama Ben Laden au même niveau que Hitler ou Staline, mais la façon dont les américains viennent de descendre Ben Laden n’est pas conforme avec l’idée que je me fait de la justice.

Pas de procès, façon Ceausescu, pas de défense donc, juste quelques balles et on n’en parle plus. Remarquez, c’est moins cher pour le contribuable, mais j’ai une autre vision de nos démocraties et cet assassinat me touche. A côté de ça, si on l’avait juste arrêté, qu’est-ce qu’ils en auraient fait ? Cuba, pour retrouver ses sbires du 11 septembre ? Dans une prison secrète ou il aurait servi d’entraînement aux agents de
la CIA pour leur nouvelles torture ? Ou mieux, dans une prison bien cachée avec Saddam Hussein pour lui faire avouer l’emplacement des armes de destruction massive…

Les américains ont choisi. Devant un tribunal, ils l’auraient condamné à mort, ils ont commencé par la sentence, pour le procès on verra ou pas.

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