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19 avril 2012

La stigmatisation positive

Publié par cyrilcouet dans opinion

Pfff… Voilà déjà de longues semaines que je n’ai plus l’inspiration. Pourtant une campagne électorale majeure aurait dû me donner quelques idées, mais non. Peut-être parce que l’issue de cette élection me parait d’une grande évidence. Peut-être parce qu’à bientôt 42 ans, je n’ai jamais gagné d’élections présidentielles (la joie d’être né en septembre et d’avoir eu mes 18 ans en 2008) et que cette année c’est mon tour ; OK, je ne compte pas 2002 comme une victoire même si le gagnant a le même nom que celui que j’avais mis dans l’urne. Peut-être, encore, parce que le débat ne m’a pas vraiment passionné entre les discussions sur la viande halal, la réforme du permis de conduire, ou le président sortant qui nous fait de la schizophrénie aigüe en nous faisant croire qu’il est un homme modeste en fréquentant le Fouquet’s lieu populaire de Paris (quid du Crion ce dimanche ?). Peut-être n’ai-je pas écrit juste par manque de temps… Mais honnêtement, non, c’était la page blanche. Pas d’idée, rien à dire. Claude Allègre ne m’a pas plus énervé que d’habitude, il m’a même réjoui en soutenant Nicolas, les leaders de gauche ne m’ont pas inspiré, je ne trouve même rien à dire ou à sur-dire sur Mélenchon. J’ai bien une idée de blog qui me trotte dans la tête depuis quelques semaines mais elle n’arrive pas à montrer son nez. Alors, pas de blog, même si j’ai failli faire quelques copiés-collés d’excellents articles lus à droite, à gauche (surtout à gauche d’ailleurs) mais non… Alors je me lance sur la stigmatisation positive. Kézako ??? Un truc que j’ai inventé (OK, je vous promets que si ça existe déjà, je croyais vraiment en avoir la paternité).

On connaissait la stigmatisation, un truc que les membres de notre gouvernement ont développé pour récupérer les bulletins d’extrême-droite. Ainsi, on se souvient des auvergnats qui créent un problème quand ils sont nombreux (merci Brice). Le plombier polonais avait animé le débat aussi durant quelques temps. Puis on a eu aussi  droit aux « roms ». Comme me disait Salem quand Nicolas les a stigmatisés, ça lui a au moins permis de passer un été calme cette année là !!! Ces fainéants de chômeurs ont été aussi bien montré du doigt car c’est bien connu, celui qui veut, peut. Bref, les femmes, les jeunes, les vieux, les malades, les étrangers, surtout les étrangers, les minorités ont été « désignés » comme si la stigmatisation d’une partie de la population pouvait aider à résorber la crise. Aujourd’hui, on se permet même de stigmatiser des pays entiers, pays qui sont, soit dit en passant nos partenaires européens ; Ainsi selon le candidat Sarkozy et ses fans les plus proches, si François Hollande gagne les présidentielles, la France ressemblera à l’Espagne ou à la Grèce : Mais alors, où les bons beaufs iront-ils polluer les plages au mois d’août (merci Renaud pour celle-ci). Moi, j’aimerais qu’on ait la richesse culturelle de l’Espagne ou de la Grèce. Je veux bien même leur prendre toute leur gastronomie, leur richesse d’esprit et leur refus d’aliénation. Espagnols, Grecs, ne vous en faites pas, « no pasaran ! ».

Je pourrais continuer sur cette stigmatisation, mais j’aimerais expliquer comment la « positive » m’énerve encore plus que la négative (digne d’un bon discours populiste). La première fois que ça m’a choqué, c’est quand le modèle danois a été vanté par presque l’ensemble de la classe politique. Puis est venu le système éducatif finlandais et très récemment le modèle à produire allemand. Nos politiques se focalisent sur des solutions qui marchent bien et nous expliquent que nous devons les copier pour être plus heureux. C’est oublier rapidement qu’on ne peut pas appliquer à une population de 60 millions de personnes des solutions qui marchent avec 6 millions. C’est oublier que les solutions qui ont fonctionné hier ont peu de chance de fonctionner demain. C’est oublier que chaque modèle a ses côtés négatifs (souvent des taxes) que nos politiques essaient de cacher (volontairement ou non).

Alors, pourquoi essayer de copier tout ce qui se fait ailleurs ? Est-ce le phénomène de mondialisation qui voudrait qu’il n’existe qu’une voie en politique ? On regarde déjà tous les mêmes programmes à la télé (de KohLanta à MasterChef en passant par Doctor House et Dexter), on mange de plus en plus la même chose (tiens, un nouveau sushi bar vient de voir le jour), toutes les capitales mondiales se ressemblent avec leur H&M, leur GAP  ou autre grande enseigne, demain on devra tous penser la même chose ? Je ne pense donc pas que cette stigmatisation positive qui consiste à copier ce qui a marché ailleurs soit une voie. Je pense à la nouveauté, au risque d’un modèle inconnu… Et pour le réaliser, inutile de casser ce qui fonctionne plutôt pas mal chez nous comme notre sécurité sociale ou notre retraite. Prenons de vrais risques. Je ne pense pas qu’essayer de refaire du socialisme ou du communisme soit la voie à privilégier, mais ce n’est certainement pas une voie à exclure. J’attends de nos politiques qu’ils prennent ces risques, qu’ils nous proposent un nouveau système de société. Je ne crois pas que notre prochain président ira dans cette voie, mais cette année, c’est moi qui gagne.

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