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31 mai 2011

Douce…

Publié par cyrilcouet dans tranche de vie

Rencontrée dans un train qui nous menait à Hô Chi Minh (Saigon pour ceux qui vivent encore avant 1975), nous décidons avec cette routarde de faire un bout de chemin ensemble et d’aller visiter Dalat, le petit Paris situé au nord ouest de la capitale vietnamienne.  Sur place, nous louons une mobylette, probablement le moyen de transport le plus simple pour visiter une ville et ses alentours : OK, le plus simple est certainement le vélo, mais Dalat, c’est à 1500m d’altitude, pas vraiment plat, et à cette époque, je consommais un peu plus d’un paquet par jour… Nous voilà donc sur notre mobylette, à jouer les « easy rider » avec cette fille qui m’était complètement inconnue deux jours avant. Nous décidons d’aller voir une cascade, enfin je crois que c’était une cascade, cette histoire ayant déjà treize ou quatorze ans, c’était peut-être un temple… Nous traversons un village, puis un autre. Les pistes défilent sous notre bolide (OK, je ne mettrais pas de photos de la bécane, sinon adieu le mythe). La poussière que nous dégageons rappellent les rallyes automobiles  qui prennent l’Afrique pour un circuit (la, encore, il est probable que le temps ait déformé ma vision). Un autre village, les enfants courent, crient « what’s your name ? How old are you? Are you married ? »: Où que vous alliez au Vietnam, avant d’essayer de vous vendre des briquets en forme de dragon ou des stylos avec un temple qui se déplace de haut en bas, les enfants vous posent ces trois questions. Au début, c’est mignon, après quelques semaines de sac à dos, c’est usant. Village suivant. Ma passagère me tape sur l’épaule : « Je ne me sens pas très bien, on peut faire une pause… ». J’arrête le bolide (hum, on y croirait presque) et alors que la béquille n’est pas encore mise, la demoiselle tombe inanimée sur le sol. 

Parenthèse : Si tu es la demoiselle du Vietnam et que tu lis ces quelques lignes, s’il te plait rappelle-moi ton prénom. Impossible de m’en souvenir, je me souviens pourtant parfaitement de toi, d’ailleurs tu es le sujet de la semaine. Je me permets cette parenthèse, d’abord parce que c’est mon blog et que je fais ce que je veux et aussi pour rassurer les âmes sensibles qui se demandent si Christelle (on va l’appeler Christelle, Nathalie ou Sandrine) va mourir: non. 

Je m’approche donc de Nathalie, lui tapote la joue : rien. Comme je regarde pas mal de séries télé (Y avait pas encore Docteur House, mais Urgence existait déjà), je lui prends le pouls : elle vit. Me voilà donc au milieu de nulle part avec une parfaite inconnue qui est dans le coltard (je me souviens quand même que sa mère était pharmacienne, je n’avais jamais vu une routarde avec une trousse d’urgence aussi grosse). Pour une fois où j’aimerais que les mômes viennent me vendre des stylos, il n’y a personne. Ce village semble désert, je pense qu’il sera difficile de trouver un toubib. La situation ressemble à un far-west, plutôt un far-east dans le cas présent: il ne manque qu’une musique d’Ennio Morricone, un son d’harmonica ou un sabre à la kill bill pour planter l’ambiance…  Je continue à parler à Christelle, j’essaye de la réveiller. Sa trousse de secours est restée à l’hôtel. Je prends un peu d’eau, lui verse sur le front (j’aurais pu faire le coup « la gourde est vide », mais relatant les faits et seulement les faits, on avait de l’eau). Rien ne se passe. Mais pourquoi ai-je accepté de faire un bout de chemin avec cette gonzesse ? J’étais tellement bien tout seul. Je presse délicatement ses mains, toujours rien. Le bouche à bouche ? Pourquoi pas, mais comment expliquer mes lèvres contre les siennes à Sandrine si ça la ranime ? J’insiste avec plus d’eau sur son visage. Peut-être a-t-elle eu un coup de chaud. Toujours rien, les minutes me semblent longues. Je décide d’aller chercher de l’aide vers une maison.  Une vietnamienne  est finalement  plus rapide que moi et se dirige vers nous. Impossible de dire son âge (ni son nom, ni si elle est mariée), mais j’explique tant bien que mal le problème de ma coéquipière  (explications très faciles, la situation parle d’elle-même). La vietnamienne me fais signe de porter Nathalie jusque dans sa maison. Je m’exécute comme je peux, le body building, ça n’a jamais été mon truc ; Mais paradoxalement, en situation d’urgence, on se découvre des ressources inespérées. Ma sauveuse me demande de poser Christelle sur un transat lui prends le pouls (comme quoi Doc House, ça te sauve une vie), lui soulève les paupières, observe ses pupilles, me fais un grand sourire et me dis de ne pas m’inquiéter (je dois vous avouer -1- qu’en cinq minutes, je suis devenu « fluent » en vietnamien, -2- que je flippais grave pour l’inconnue). Cette femme sort dans son jardin et roule des herbes en une espèce de gros cigare. Elle l’allume. Une épaisse fumée se dégage dans la maison et une odeur de plantes aromatiques mélangées à de la marijuana se répand dans la pièce. Le docteur (à ce moment, j’ai décidé qu’elle était docteur) approche le cigare du coude de Nathalie, puis du poignet, passe à l’autre coude et finit par le second poignet. A ce moment précis, Christelle ouvre les yeux et me demande où on se trouve…

Christelle, Nathalie et Sandrine sont sauvées. Et moi, toutes mes croyances ou plutôt mes non-croyances tombent à l’eau. Comment être cartésien dans une telle situation ? Comment se rattacher à la médecine dite « classique » quand vous êtes le témoin d’une telle scène.  J’ai dû me rendre à l’évidence, une médecine douce, celle qu’on ne peut pas forcément expliquer, peut être utile. Je ne pense toujours pas aujourd’hui que cette forme de médecine puisse remplacer notre forme occidentale, mais je suis beaucoup plus ouvert à toute pratique qui peut aider ou alléger les souffrances. Ainsi, je regarde d’un œil intéressé les bruleurs de feu qui aident potentiellement les patients lors de séance de radiothérapie (excellent article dans le magasine « clés » d’il y a 2 mois). Les acuponcteurs ou l’homéopathie m’interpellent même si je n’arrive pas à expliquer leur fonctionnement.

Après le réveil de MA routarde (comment ai-je pu douter du bien fondé de cette rencontre ?), nous avons voulu payer cette femme qui a catégoriquement refusé. Elle nous a offert un thé, on a essayé de communiquer, mais ce fut très difficile car le cigare, en plus d’avoir enlevé le mal, m’a fait perdre toutes les notions de vietnamien que j’avais acquis dans un temps record. 

24 mai 2011

Du Jazz au rayon bio ou de l’humain à la décadence

Publié par cyrilcouet dans Du blablabla

Quand je repense aux supermarchés de mon enfance, j’ai l’impression que c’est un domaine où rien n’a évolué. Des allées, des caisses, du monde. J’avais une trouille bleue, c’était de perdre mes parents. Cet endroit me paraissait tellement gigantesque, et ça me paraissait tellement facile de se perdre… Une horreur, pourtant je ne crois pas mettre déjà perdu dans les rayons : Est-ce d’ailleurs possible ? L’autre souvenir que j’ai, et pour une fois c’est le sujet du jour, c’est la musique d’ambiance. Je me souviens qu’à Euromarché ou à Continent  (je réalise soudainement que les noms des grandes surfaces ont changé), il y avait toujours cette musique, du jazz. Oui, vers la fin des années 70, la grande distribution mettait du jazz pour aider à choisir ses carottes, son café, ses biscottes…  Les bêtes du marketing, les rois de la vente, les Dieux de la sociologie du consommateur n’existaient pas ou s’ils exerçaient déjà, leurs longues études montraient une hausse du chiffre d’affaire grace au jazz. Du mauvais  jazz, certes, mais du jazz quand même ; Du « easy listenning » comme ils disent de l’autre côté de la Manche, sauf qu’en réalité, c’était loin d’être easy à écouter voire très hard à entendre.  Dans ma tête de môme, le jazz est devenu synonyme de supermarché. Je hais le jazz. Ma sœur hait les épinards, moi c’est le jazz (j’avoue quand même que les épinards, ce n’est pas mon truc non plus). En grandissant, j’ai bien essayé d’écouter des jazzmen soi-disant grandissime, non je n’y arrive pas, je ne supporte pas le jazz. Merci Monsieur Continent, merci Monsieur Euromarché, à cause de vous, je suis allergique un genre de musique certainement majeur. 

A côté de chez moi, ils viennent d’ouvrir un « Carrefour Planet ». Nous sommes à l’ère du développement durable, du bio, du vert, de l’écologie responsable, il fallait donc que la grande distribution s’y colle : « Carrefour Planet ». Ce nom, pour un endroit d’hyper consommation, sonne bien, les types de la com’ ont fait du bon boulot. A l’intérieur, ça ressemble à un supermarché normal avec des endroits un peu plus chics donc probablement un peu plus cher : Les types du marketing ont mal fait leur travail. Mais le plus surprenant, et je ne sais pas si ce sont les sociologues, les ergonologues, les psys ou les artistes du 5eme  qui l’ont décidé, c’est qu’il n’y a plus jazz : fini. La nouvelle génération d’enfants aura donc peut-être la chance d’admirer ou d’aduler Sydney Bechet, Miles Davis, Chet Baker, Louis Armstrong ou encore Charlie Parker .  Le jazz, c’est has been, ça ne permet plus de vendre les yaourts, les tomates ni les couches. Au rayon « fruits et légumes », vous entendez un chant d’oiseau (-1- à cette saison, je comprends, j’attends l’hiver, pour voir ce qu’on aura, -2- je ne blague pas). Vers le rayon poissonnerie, les mouettes vous accompagnent (c’est toujours pas une blague, je peux vous filer l’adresse de mon centre de ravitaillement)… Je ne connais pas les autres rayons, mais je crois avoir compris le concept… Je suppose qu’au rayon « fromage », une vache ou peut-être sa cloche vous accompagne dans le remplissage de votre caddie. Au rayon « volailles », le bruit de la basse-cour vous rappelle qu’il existait une époque ou ces animaux connaissaient la ferme. Espérons que ces génies de la vente ont été ambitieux et qu’ils ont poussé le principe à fond. J’aimerais donc un bêlement au rayon textile (pour les vêtements en laine uniquement, pour le coton, je n’ai pas encore trouvé), des hurlements d’enfants vers le rayon bébé. Soyons fous, un bruit de fraise de dentiste au rayon « hygiène » devrait booster les ventes de brosses à dents, une sirène de pompier à la parapharmacie devrait éviter quelques accidents. Et comme je n’ai peur de rien, les sons d’un abattoir pour la boucherie et une bonne chasse d’eau vers le papier toilette (pour ce dernier, j’avais d’autres idées plus brutes, mais ces bruits plus intimes ayant tendance à éloigner le lecteur, je me suis abstenu).  Mon supermarché est à la hauteur d’un orchestre…Pour compléter le concept, d’autres artistes du 6eme étage du centre de réflexion de Carouf (à moins que ce ne soient les sociologues, les ergonologues, les psys ou les gars du marketing) ont décidé d’ajouter l’odeur au son. 

A la reflexion, je vais peut-être me mettre un petit morceau de jazz. 

19 mai 2011

I have a dream

Publié par cyrilcouet dans Du blablabla

Tout d’abord, soyons franc, je suis hyper déçu de ne pas avoir encore entendu mon maître à penser
Claude Allègre s’exprimer sur l’affaire du siècle. Remarquons encore, qu’étant en 2011, ce n’est pas très difficile d’être l’affaire du siècle. Mais là, on a quand politique, sexe, fric et rock and roll (pour ce dernier point pas encore, mais ça ne saurait tarder…). Le prochain qui voudra faire parler de lui, que devra-t-il faire ? J’ai bien quelques idées mais j’ai peur que si je les écris, mon image d’homme raisonnable tombe, que mon masque tombe aussi, et que vous, lecteurs assidus (rêvons, ça ne mange pas de pain) ne découvriez ma vraie nature de pervers… Mais comme d’habitude, ce n’est pas le sujet du jour…

Je me suis mis à rêver d’être important, d’être reconnu (ben ouaip, sinon, pourquoi j’écrirais ce blog) voire influant auprès des puissants. J’aurais le numéro de portable du patron du FMI, de sa femme qui adore mon humour, du maire de Paris qui me décrit comme charmant, du président (le vrai, celui de l’Elysée) qui me juge intelligent (remarquez, ce n’était pas difficile) de son épouse qui me déclare craquant (elle doit avoir  perdu mon numéro, elle appelle rarement) du tout Paris qui me pense incontournable. Je n’ai plus besoin de jouer au loto pour changer de baraque, je suis lu et reconnu et on me paye grassement pour écrire ces quelques lignes. Ah, il est loin le temps de la géophysique, le temps du pointé de vitesse. C’était une vie sympathique, mais soyons franc, je m’éclate vraiment plus à écrire et à essayer d’être influent.

Etant donc l’incontournable des dîners parisiens (que je boycotte, car j’ai décidé qu’il valait mieux briller par mon absence que par mes conneries), on m’a demandé mon point de vue sur l’affaire Strauss-Kahn. Après la présomption d’innocence dont j’ai déjà fait part il y a deux jours, il m’a fallu réfléchir à
la question. A vrai dire, il m’a surtout fallu réfléchir à
la réponse. La réalité, c’est qu’on se fout éperdument des points de vue des uns et des autres. Alors pourquoi donnent-ils leur avis ? Pourquoi dois-je répondre à cette question ? La réponse réside dans ma fonction sociale. Etre « leader d’opinions » impose de donner son avis sur tout et n’importe quoi. Alors comment répondre aux questions dignes des meilleurs bistrots français ? Avec une voix d’ivrogne : « Alors t’en penses quoi toi de l’affaire DSK ? ».

Voici ma réponse. En tant qu’homme influent, que m’apportera un soutient sans faille à DSK ? S’il est prouvé qu’il est innocent, je serais une sorte de « vrai ami » et je peux espérer être dans son cercle de proches dès qu’il reviendra en France. S’il est coupable, les féministes me tomberont dessus, l’opposition certainement aussi, mais les affaires de mœurs gênant notre société, on oubliera bien vite mon opinion. Par contre, si je déclare le geste de DSK comme inacceptable et que le tribunal me suit, l’affaire est close, DSK aussi. Mais si DSK est innocenté, je suis celui qui a enterré un peu vite un homme plus influent que moi sur la scène internationale. N’étant pas suicidaire, je le dis haut et fort, Dominique est innocent.  

Finalement, je ne suis pas si mal dans la géophysique.

17 mai 2011

No we Khan’t…

Publié par cyrilcouet dans opinion

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce petit post sur DSK. Longtemps… Hum… Les évènements ne datent que de la nuit de samedi à dimanche, nous sommes aujourd’hui mardi. Ca parait pourtant long, très long. Peut-être parcequ’on entend que ça, des analyses les plus réservées aux plus accusatrices, des reportages les plus techniques aux plus dévastateurs. Si je n’écris qu’aujourd’hui sur le sujet, c’est parce que je ne savais pas vraiment par quel bout le prendre (n’y voyez pas de jeu de mots foireux…). J’hésitais entre une approche décalée, genre le point de vue de la femme de chambre qui se dit qu’il est temps d’aller faire le ménage de la suite, ou celui d’Anne Sinclair qui ne peut aller faire son shopping parce que son mari est au poste, ou un truc ressemblant à « 24h chrono » ou avec les mots « Jack Bauer », « Cops », « You’re under arrest », « gun », « black block couteau » placés à bon escient. 

Si je n’écris qu’aujourd’hui, c’est que tout le monde a déjà écrit ou s’est déjà exprimé, dès fois bien mieux que moi (comme Badinter hier soir) mais des fois bien pire que moi (j’ai entendu Frédéric Lefebvre hier, cette crise de rire !!!)… Y a que Claude Allègre qui n’a pas donné son point de vue, mais je pense que ça ne devrait plus tarder. A vrai dire, cette histoire est un choc : le type pour qui j’allais voter dans 11 mois est en prison. Merde alors. J’ai du mal à le croire. Le choc. Le coup de tonnerre. 

Aujourd’hui, DSK n’est pas coupable. Il est présumé innocent. Aujourd’hui la femme de chambre n’est pas victime, elle est présumée victime. Je crois que c’est le sujet qui m’intéresse. Dimanche, j’ai écouté ou lu les commentaires d’un certain nombre de responsables politiques (je ne parle pas de Marine, parce que j’ai écrit « responsables politiques ») et toutes les réactions allaient dans le même sens : « Je pense aujourd’hui à sa famille, à ses proches, à ses amis, à sa famille politique… ». Lundi, j’ai continué à écouter les réactions des mêmes politiques : « Je pense aujourd’hui à sa famille, à ses proches, à ses amis, à sa famille politique et si les faits sont avérés, mes pensées vont à la pauvre victime ». Aujourd’hui je continue  à écouter (Il faut dire qu’on n’a pas vraiment le choix. Cette affaire aurait quand même pu tomber à une autre date, Martine n’a pas pu profiter pleinement de la victoire de Lille en coupe de France) : « Mes pensées vont à la victime, mais Dominique Straus-Khan est présumé innocent, je pense donc à la peine de ses proches et blablabla et blablabla ». Cette évolution des analyses ou plutôt des commentaires est incroyable. Ca y est, l’opinion publique l’a jugé, l’a lynché, la classe politique le lâche : the show must go on.  Comment  cette évolution a-t-elle été possible ? Les images des menottes, des voitures de police, le procès filmé, tout ce côté show-biz de la justice américaine, nous européens, nous n’y sommes pas habitués et nous avons été choqués. Nous sommes habitués à voir les coupables avec des menottes. Nous pensons que ce sont les méchants qu’on met en prison. Avec ces images, DSK n’est plus présumé innocent. Il est coupable. Il va donc logiquement perdre son job au FMI et ne sera pas notre prochain président. Bizarre qu’une première sentence soit tombée alors que le procès n’a pas commencé. 

10 mai 2011

Happy Birthday Mister President

Publié par cyrilcouet dans opinion

Après les jours Walt Disney que nous avons vécus, ben ouaip un prince s’est marié et le méchant est mort, il est temps de revenir aux choses sérieuses. Sérieuses, peut-être pas tant que ça, je suis en train de devenir un bisounours, puisque pour la seconde fois en 5 messages, je vais célébrer un anniversaire. Alors pas de bougie, puisque l’intéressé est mort, ni une ascension de la roche de Solutré, quoi que, avant de mourir, il faudra quand même que je pense à faire cette ballade. 

10 mai 81… Il est des dates qui marquent. Moi, j’aime bien le 24 septembre (c’est mon anniversaire, j’ai plein de cadeaux), je me souviens du 11 septembre 2001 (il parait que tout le monde se souvient de ce qu’il faisait ce jour là, moi j’étais en maillot prêt à plonger dans le Pacifique quand le barbu a lancé ses planeurs), je me souviens aussi de la naissance de mes enfants… Sinon pas grand-chose. Ca doit être Alzheimer (c’était juste pour dire que je savais écrire ALZHEIMER). Mais le 10 mai 81, j’avais 10 ans, c’était beau. 

Le 10 mai 81, à 20h, on s’est mis à la fenêtre et on a chanté l’international. Nos voisins d’en face ont ouvert leur fenêtre et ont chanté l’International avec nous. C’était bon d’avoir des parents de gauche. C’était bon d’avoir le droit de se mettre à la fenêtre et de crier. C’était bon de ne pas être obligé d’aller au lit tout suite. Parce qu’ils ont beau être de gauche, mes parents étaient aussi instit alors l’heure, c’est l’heure, « demain y a école ». 

10 mai 81. Le début d’un règne. Un président est élu. Un vrai président est élu. Pas un type comme vous et moi, non, un homme charismatique prend le pouvoir. Je ne veux pas faire le bilan politique de cet homme d’abord parce que je ne pense savoir le faire et puis ça pourrait vite devenir chiant. Mais ce président élu en 81 a représenté pour moi la culture, la vraie. Je ne regarde pas le passé avec délectation, mais quand je vois aujourd’hui le bling bling de notre président, que je pense au Fouquets quand il s’est fait élire, puis à sa semaine sur un yacht de Bolloré, quand je pense à Carla, à Frédérique Lefebvre et son fameux Zadig et Voltaire (qui font d’ailleurs des fringues plutôt sympas, chères, mais sympas), que je me dis qu’un des ses conseiller est ancien rédacteur en chef de minute (Patrick Buisson), si je pense à Brice (Hortefeux pas de Nice), à claude Guéant ou aux discours qui jouent avec les thèses de l’extrême droite, oui, peut-être je regarde le passé avec nostalgie. 

10 mai 81. Mitterrand est élu. Je ne me souviens pas exactement de 81, mais je suis un « génération Mitterrand ». A mes yeux, cet homme a vraiment fait bouger la France et dans le bon sens. Abolition de la peine de mort dès 81, les radios libres (ben ouaip, les merdes comme NRJ ou Skyrock, c’est lui !!!). Il représente la culture, la vraie. Il a su laissé des traces comme la pyramide du Louvre, l’arche de la Défense (la dernière fois qu’on a entendu parler de la Défense, c’était pour placer Jean Sarko…), les colonnes de Buren (y avait un parking quand même avant), la fête de la musique ou l’opéra Bastille…  Alors, certes, cet homme a certainement fait des conneries ou des trucs pas très clairs (oui l’ami Charles a quand même fait exploser de bateau de GreenPeace). Mais en ce jour anniversaire, je ne suis pas trop regardant (et puis si j’étais objectif, ca se saurait) et j’espère que très rapidement on retrouvera à la tête de notre pays un homme (ou une femme) qui a réellement une stature de chef d’Etat. Les américains ont eu Bush, les italiens, Berlusconi, nous c’est Nicolas, il est temps de passer à autre chose. 

2 mai 2011

IL est mort

Publié par cyrilcouet dans opinion

Je ne vais pas vous décrire son bunker, ni comment la CIA l’a localisé, encore moins l’intervention des forces spéciales minute après minute. Savoir qu’un hélico est tombé d’une panne technique ou touché par la défense d’Ousama (oui c’est bien de lui dont je parle aujourd’hui, j’ai évité la blague à 2 balles où j’aurais décrit les circonstances d’une fin tragique pour finalement expliquer que je parlais des boites noires du vol Rio-Paris) n’est pas mon sujet du jour, savoir qu’un type a twitté l’intervention en direct non plus (promis, un jour moi aussi je twitterai), non, mon sujet du jour est Ousama Ben Laden : IL est mort.

Il s’est donc fait descendre par un commando des forces spéciales. Il faut dire que quand on est l’homme le plus recherché de la planète, on s’expose à ce genre de risques. Souvenez-vous, Mesrine, l’homme le plus recherché de France (de France, pas du monde…) : il s’arrête à un feu rouge et là, pan, pan, pan, nos forces spéciales à nous l’exterminent.

Drôle de parallèle me direz-vous, mais si j’écris ces quelques lignes aujourd’hui, c’est que dans les deux cas, la réaction de l’opinion publique ou des politiques a été la même. J’ai entendu Obama dire « Justice est rendue ». Voilà, je suis choqué. N’allez pas croire que je suis un de ces fans du Hamas libanais ou des Frères Musulmans égyptiens, mais je ne pense pas que justice ait été rendue. Certes, je range Ousama Ben Laden au même niveau que Hitler ou Staline, mais la façon dont les américains viennent de descendre Ben Laden n’est pas conforme avec l’idée que je me fait de la justice.

Pas de procès, façon Ceausescu, pas de défense donc, juste quelques balles et on n’en parle plus. Remarquez, c’est moins cher pour le contribuable, mais j’ai une autre vision de nos démocraties et cet assassinat me touche. A côté de ça, si on l’avait juste arrêté, qu’est-ce qu’ils en auraient fait ? Cuba, pour retrouver ses sbires du 11 septembre ? Dans une prison secrète ou il aurait servi d’entraînement aux agents de
la CIA pour leur nouvelles torture ? Ou mieux, dans une prison bien cachée avec Saddam Hussein pour lui faire avouer l’emplacement des armes de destruction massive…

Les américains ont choisi. Devant un tribunal, ils l’auraient condamné à mort, ils ont commencé par la sentence, pour le procès on verra ou pas.

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